vendredi 21 avril 2017

Inventaire

Après deux nuits de grand gel, je passe à un premier inventaire...
Le dégât le plus spectaculaire, dès l'entrée du jardin, annonce la tendance


Cette floraison est fichue, c'est clair, mais je crains encore plus pour les bourgeons arrière qui n'ont pas belle allure, eux non plus! C'est la première fois de ma vie que le gel survient sur les fleurs de la glycine. En général, une partie des bourgeons gelaient, mais les autres étaient là pour la relève.

Que dire des érables japonais? Grillés, eux aussi, comme mon vieil A. dissectum Garnet...


Les merles souffriront de la disette cette année, Evereste n'a pas mieux supporté cette agression...


et même les rosiers n'ont plus fière allure!


Les vivaces sont bien ramollies et les hostas qui avaient si bien démarrés ont été brutalement freinés, malgré qu'ils étaient à couvert sous le bambou et protégés  - le croyais-je - par son feuillage.


Que de belles promesses qui se sont évaporées en deux nuits! Je ne peux pas mettre le jardin sous cloche, et je suis bien obligée de supporter sans geindre...

Deux nuits très froides sont encore devant le jardin et moi! On serre les dents - et on se serre les coudes!

lundi 17 avril 2017

Buissons en fleurs

Pour accompagner les narcisses et les tulipes, les buissons à fleurs sont les meilleurs, alors que les rosiers n'ont pas encore de feuilles - ou si peu - et que les vivaces sont encore dans le vert, pour la plupart.
Sur cette photo, on devine le forsythia qui a été planté par le promoteur en 1987 - je ne l'aime pas beaucoup, mais je le soigne quand même!  Mais le vrai sujet, c'est la Spirée arguta que j'ai ai plantée en deux exemplaires en avril 1989. Elles ont été beaucoup plus volumineuses, occultant la route, alors que je ne cultivais pas encore aussi intensément le sud du jardin! Depuis ce massif a beaucoup changé et pour faire de la place à mes vivaces et mes rosiers, je  taille les spirées beaucoup plus sévèrement. J'ai entrepris leur rajeunissement en supprimant tous les vieux bois, depuis deux ans... et je le ferai encore cette taille après la floraison, à fin mai je pense. Question floraison et longue vie, elles sont imbattables, ces vieilles dames si élégantes!


Tout aussi vieux - 1987 - les Ribes sanguineum supportent moins bien ce rajeunissement - le troisième que je leur impose pendant leur longue vie.  Mais je ne désespère pas de leur redonner un coup de beau! Peut être que je craquerai pour un nouvel hybride aux fleurs plus grosses ou peut-être même à fleurs blanches? Ce serait un bon compagnon pour une fin de vie!


Côté seniors, je compte encore la glycine! Plantée en 1994 pour enjoliver l'abri à voiture -  elle fleurit deux fois par année. La première fois avant les feuilles, somptueusement, et la seconde parmi le vert, plus chichement. En 2016, elle a fait trois floraisons grâce à l'automne doux... Un cadeau parfumé!


Tout aussi spectaculaire, mais bien plus jeune, le Malus Evereste, acquis en 2004. Il était tout petit et jamais je n'aurai envisagé qu'il devienne si grand! Mais c'est un vrai pommier. Si sa taille me chagrine un peu, son parfum embaume tout le jardin et me rappelle les vergers de pommiers haute taille sous lesquels j'aimais jouer enfant! Excellent pollinisateur, il devrait faire partie de tous les jardins!


 

Je ne résiste pas à vous montrer sa fleur miracle d'un peu plus près :

Il est un autre "arbre miracle" dont je ne voudrais plus me passer, c'est l'Amélanchier... Je jouis depuis longtemps de celui qui est planté chez le voisin, mais qui donne directement dans ma fenêtre de bureau. J'ai bataillé souvent pour que les jardiniers mandatés pour la taille ne l'abîment pas et lui laisse son allure naturel, même s'il empiétait sur ma propriété et qu'il me cachait la vue sur le parking du voisin!
Puis à la faveur de la création de la cour et du remaniement du massif au dessus du mur, j'ai planté "mon" Amélanchier Prince Williams. Il est petit, il pousse lentement depuis 2013, mais il va son bonhomme de chemin, tout fleuri cette année!


Un buisson dont je me suis longtemps méfiée, à cause de son jaune très vif et de la vilaine taille dont il est souvent l'objet puisqu'il est "parfait" dans les haies coupées au carré, c'est le Corête du Japon (Kerria japonia). Puis un jour, je me suis avisée de la belle arcure de ces branches laissées libres, du joli feuillage si bien crénelé, et de la perfection de la fleur, presque aussi froissée que celle de l'oeillet! A la faveur d'une action au prix dérisoire dans une jardinerie, j'en ai planté un à l'est de la maison, dans une haie que je n'ai pour ainsi dire jamais sous les yeux... Et bien je vais vous dire, en cette saison, j'y vais plusieurs fois par jour pour admirer du jaune!


Je finirai cette série par un petit Cognassier du Japon, Cameo... Donné pour saumon très pâle, il est chez moi assez soutenu... 


En fait, je le croyais bicolore: très saumon sur la partie droite, très orange sur la partie gauche... Mais depuis deux jours, je sais qu'il est tricolore! Le gros plan donne ça :


Ce fleuron blanc pousse bien sur le tronc principal! (Pardon pour la vilaine attache, mais j'essaie de le reformer après des années de pousse à la va comme je pousse). Peut-être est-ce pour se venger des tailles et des liens que je lui impose qu'il me fait des variations? Pourvu qu'il ne prenne alors pas conscience de mon ravissement!

D'autres petits arbres ou buissons ont les bourgeons semblant  sur le point d'éclater et en faisant cet inventaire, je me rends compte que j'ai beaucoup de buissons à fleurs dans mon si petit jardin!



mardi 11 avril 2017

Les petites scènes

Le printemps est le champion des petites scènes spontanées, les bulbes voyageant sous les outils de la jardinière au gré des plantations de vivaces et des désherbages. En ce début de printemps, j'en ai retenu quelques unes qui ont su me charmer...

Les anémones blandas font bon ménage avec les primevères récupérées des potées de février 2015... Une violette, une feuille d'Heuchère. un pied de camomille, un semis spontané impossible à déterminer encore - et quelques feuilles trouées! - le tour est joué.


La corydale ou fumeterre s'est installée partout, et je la laisse vagabonder comme bon lui semble. C'est une invasive qui semble bien inoffensive, si facile à arracher, mais difficile de l'exclure une fois qu'elle s'est installée. Elle a le charme des mes bouquets d'enfant, ramenés déjà flétris à ma mère... Ici, elle a colonisé le pied du Calamgrostis Avalanche , en même temps que l'Anthriscus Raven's Wing


La voici encore sous l'Epicea glauca, en compagnie des jacinthes "dégénérées" que je conserve précieusement pour leur grâce champêtre, si éloignée des goupillons serrés de leur jeunesse.


Au-dessus du muret de la cour, Anémones pulsatiles et Tulipes tarda se donnent la réplique, tandis que la Waldsteinia s'aventure jusqu'en pleine lumière...


Un peu plus à gauche, cette scène est moins spontanée, puisque j'avais prévu le mariage de la pulsatile et de l'Hellébore Double White. Mais jamais un hellébore n'a été aussi prolifère dans mon jardin - je m'en régale tous les jours!


Ce billet se termine par une scène de plus grande dimension, qui me récompense du travail fourni sur mes érables japonais! Je les avais taillés et rempotés au printemps 2015, ils ont passé l'hiver le pied bien emmitouflé dans la vieille couche à semis rebâtie pour l'occasion et les voilà au mieux de leur forme, dans leur feuillage de printemps, à l'ombre des bambous et dans le soleil en fin d'après-midi...

De gauche à droite : A. Orange Dream, A. Shaina, A. Shindeshohjo,
A. Katsura, A. Jerry Scharz, A. Black Lac, A. Butterfly
Les associations végétales réussies sont l'art des plus grands jardiniers - mais parfois le jardin lui-même sait se rendre beau, presque tout seul!